Quel est l’intérêt de lire la Parasha ?

Quel est l’intérêt de lire la Parasha ?

Récemment nous avons proposé un plan de lecture biblique pour 2018 qui est une adaptation de la Parasha. Ce plan de lecture de la Torah, dont la forme originale est ignorée, a été établie vraisemblablement par Esdras au 5e siècle av. J.-C. La lecture de la Parasha dans les synagogues était courante à l’époque de Jésus (Luc 4 :17-21), et continue aujourd’hui.

La lecture de la Parasha peut être bénéfique pour les raisons suivantes :

1. La tradition

La pratique du premier culte chrétien au début de notre ère était calquée sur les pratiques des synagogues. Très tôt un système de lecture biblique commun, sous forme de lectionnaire, était adopté dans quasiment tous les courants du christianisme. La diffusion des textes apostoliques (qui sont devenus le Nouveau Testament) a fait que les messianiques ont arrêté de suivre le programme de lecture des rabbins, mais le lectionnaire chrétien a son origine dans la pratique de la Parasha.

2. La compréhension des écritures. Dans les traditions chrétiennes la lecture systématique de l’Ancien Testament (la Loi (Torah) et les Prophètes) a trop souvent été négligée. Cependant, le Nouveau Testament est à bien des égards un commentaire sur l’Ancien. On ne peut pas bien interpréter le Nouveau Testament sans avoir des connaissances approfondies de ‘Ancien. La Parasha permet une lecture systématique qui améliore notre culture biblique.

Le meilleur commentaire sur la Bible est la Bible elle-même. La juxtaposition des textes de la Torah et des Prophètes (dans la Parasha rabbinique traditionnelle) et le Nouveau Testament (dans la Parasha dite messianique) nous entraîne à voir les liens entre les différents textes, afin d’arriver à une interprétation plus juste.

3. Une aide à la prière. Les juifs et les premiers chrétiens ne connaissaient pas (ou peu) la prière spontanée que nous pratiquons dans la plupart des courants protestants aujourd’hui. Pour eux, la lecture publique des écritures était avant tout une forme de prière. On avait la conviction qu’en lisant les textes à haute voix, on priait selon la volonté de Dieu. Cette tradition était surtout portée par les courants monastiques, notamment par la pratique des « Heures canoniales », un système introduit par Benoît de Nursie au 5e siècle, et adopté par la suite par quasiment tous les courants monastiques occidentaux (ce qui a profondément influencé la pratique de la prière dans les églises aussi).

4. L’alignement entre l’Église des nations et Israël avant les temps de la fin
Il est important de souligner que lire la Bible selon la Parasha n’est nullement une obligation pour le chrétien, mais on est libre de la suivre, tout comme on est libre d’observer le Chabbat (ou d’autres  » temps convenus « ) si on le souhaite, tant qu’on n’en fait pas une règle religieuse.

Nous sommes témoins aujourd’hui d’une œuvre du Saint Esprit au sein du corps de Christ international, où il y a une prise de conscience des racines juives de la foi, et de la prophétie biblique concernant la relation entre l’église des nations, et le peuple d’Israël, dans les temps de la fin. Lire la Parasha (ou observer d’autres traditions juives à notre manière) peut être une façon de s’aligner avec les plans de Dieu en ce qui concerne Israël. Cela peut aussi engendrer en nous chrétiens un esprit de reconnaissance vis-à-vis du peuple juif, de qui nous avons reçu notre foi. Lire l’Ancien Testament de façon plus systématique peut nous aider à mieux identifier non seulement les racines de notre foi, mais aussi les valeurs fondamentales qui forment le socle de toute la civilisation occidentale, socle qui est aujourd’hui attaqué sur tous les fronts.

5. Quelques constats

  • On a souvent remarqué un lien étonnant entre l’actualité et la lecture de la Parasha. Un example bien connu concerne la déclaration de l’établissement de l’état d’Israël le vendredi 14 mai 1948, et la fin officielle du Mandat Brittanique sur la Palestine le lendemain. Il se trouve que le texte des Prophètes pour le Chabbat du 15 mai 1948 était Amos 9:

Je ramènerai les captifs de mon peuple d’Israël;
Ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront,
Ils planteront des vignes et en boiront le vin,
Ils établiront des jardins et en mangeront les fruits.
15 Je les planterai dans leur pays,
Et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné,
Dit l’Eternel, ton Dieu.

Coïncidence? Ou est-ce un exemple légitime de comment Dieu nous parle spécifiquement concernant des événements d’actualité à travers sa parole? On n’est pas en train de dire que la Parasha est forcément supérieure à d’autres plans de lecture qui existent, et elle peut en effet servir de complément à d’autres systèmes qu’on utilise déjà.

  • La Parasha n’est pas une lecture exhaustive de la Bible. Elle permet de lire toute la Torah (les cinq premiers livres de la Bible) sur une année, ainsi qu’un bon nombre de textes des Prophètes, des textes du Nouveau Testament (si c’est la Parasha dite « messianique », dont il existe plusieurs éditions), mais pas les Écrits (ex. les Psaumes, Cantique des Cantiques etc.). Dans les synagogues, la lecture de la Parasha est complétée par des lectures spécifiques au temps des « fêtes » (par exemple, le livre d’Esther, qui ne figure pas dans la Parasha, est lu à Pourim).

Télécharger le plan de lecture pour mars-avril

Télécharger le Plan de lecture mai-juin

Pour plus d’informations sur la Parasha (en anglais)

Simon

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